

Contexte : certains actionnaires minoritaires non manageurs demandent, pour des raisons diverses et variés (absence de dividendes, etc.) aux actionnaires ou associés manageurs de leur racheter leurs actions. Pour les actionnaires non managers, cette situation est inconfortable car ils connaissent l’entreprise moins bien que les propriétaires-manageurs. En d’autres termes, grande est la tentation pour ces derniers de mettre à profit cette asymétrie d’information pour tirer l’évaluation et donc le prix des titres vers le bas. Dans ces conditions, voici quelques règles à respecter, notamment si la cession porte sur plusieurs centaines de milliers d’€ pour être certain d’obtenir un juste prix
Tentez de comprendre la société pour déterminer si vous avez intérêt à très court terme céder vos actions. A l’instar d’une société cotée, la question est toujours la même c’est de savoir si la société vaudra plus cher demain qu’aujourd’hui. En l’espèce, « plus cher demain » signifie le prix auquel vous êtes prêt à céder les actions. « Aujourd’hui » est la valeur à dire d’expert, bref le pris de cession. Pour déterminer ce prix psychologique, vous devez analyser tout d’abord et comprendre les résultats de la société sur les 3 derniers exercices, notamment à l’aune de la stratégie passée déployée par la direction et de l’évolution du marché sur lequel elle opère, etc. Ensuite, et partant des résultats de l’analyse précédente, il s’agit de comprendre la stratégie future, pour savoir quels peuvent être les scénarii possibles d’évolution de la société. Pour ce dernier point, analysez d’abord l’évolution probable du marché, puis les forces et faiblesses de la société par rapport à son marché, etc.. Enfin, tentez de comprendre comment la société pourrait se positionner par rapport à ce dernier. En d’autres termes, serait-elle prédatrice ou proie ? Car dans ce dernier cas, certains acquéreurs n’hésitent pas, pour de multiples raisons, à mettre le prix fort pour l’emporter l’adhésion de l’ensemble des actionnaires.
S’il vous est proposé une valeur du titre, vérifiez que les calculs ne comportent pas d’erreurs de méthode ou de raisonnement. Les plus fréquemment rencontrées sont (i) la non-pertinence des méthodes par rapport au contexte, (ii) l’application d’une décote au motif que vous êtes associé(s) minoritaire(s). Pour déceler le caractère inapproprié des méthodes, il convient de comprendre les écarts entre valorisation donnée par chacune d’entre elles. A ce niveau, la méthode des comparables boursiers peut conduire à une sous-évaluation par rapport à la méthode des D.C.F. parce que les sociétés comprises dans l’échantillon de référence présentent peu de similarités avec la société évaluée. L’analyse au paragraphe précédent aide en principe à déceler lesdites similarités. Par ailleurs, il n’y a pas de décote de minoritaire à appliquer sur les valeurs dès lors que les données de références proviennent de sociétés cotées en bourse.